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Instagram Instants : Ofcom ouvre sa première enquête contre Meta sous l'OSA

Ofcom soupçonne Meta d'avoir lancé Instants, la fonction de photos éphémères d'Instagram, sans évaluation suffisante des risques. Meta affirme avoir analysé les risques et prévenu le régulateur.

· 643 mots · Rédigé par une IA

Le régulateur britannique des communications, Ofcom, a ouvert le mardi 6 octobre 2026 une enquête formelle visant Meta. Il veut savoir si le groupe a respecté l'Online Safety Act (OSA), la loi britannique sur la sécurité en ligne, en lançant Instants sur Instagram. Selon Reuters, il s'agit de la première enquête formelle d'Ofcom contre Meta au titre de ce texte.

Ce qui est reproché

Instants, lancé en mai, permet de partager des photos qui disparaissent après avoir été vues. Selon la BBC, elles sont visibles par les « amis proches » de l'utilisateur ou par les comptes qui se suivent mutuellement. PetaPixel précise que chaque image ne se consulte qu'une fois, reste disponible 24 heures, et que la fonction existe aussi dans une application autonome.

L'enquête porte sur un point précis : Meta a-t-il réalisé, avant le lancement, une évaluation « adaptée et suffisante » des risques liés aux contenus illégaux et des risques pour les enfants ? La loi impose ces analyses avant tout changement important d'un service, et leur mise à jour régulière. Les plateformes doivent aussi montrer comment elles protègent les mineurs de contenus nocifs, notamment pornographiques ou incitant à l'automutilation et au suicide, rappelle la BBC.

« On ne lance pas une voiture neuve sans l'avoir testée correctement, et c'est la même chose pour les services en ligne » (traduction), a résumé George Lusty, directeur de l'application des règles chez Ofcom (The Guardian). Il ajoute que la sécurité doit être intégrée dès la conception et non ajoutée après coup.

La défense de Meta

Meta assure avoir fait le travail. « Nous avons réalisé une analyse des risques et informé Ofcom à plusieurs reprises de cette fonctionnalité avant son lancement » (traduction), a déclaré un porte-parole cité par Reuters. Le groupe met en avant des protections intégrées : blocage des captures d'écran, des repartages et des transferts, absence de fil public, et activation automatique des protections des comptes pour adolescents. Il affirme qu'il coopérera avec le régulateur.

Le désaccord porte donc moins sur l'existence d'une analyse que sur sa qualité et son moment. Les sources ne disent pas ce qu'Ofcom a déjà constaté, ni quelles lacunes il soupçonne précisément.

La Molly Rose Foundation, association créée par la famille de Molly Russell, adolescente qui s'est suicidée après avoir vu des contenus nocifs sur Instagram, a jugé essentiel que Meta réponde de ses manquements, rapporte le Guardian.

Sanctions possibles et contentieux en cours

En cas de manquement avéré, Ofcom exigera une mise en conformité ou la réparation du préjudice. Selon LBC, l'amende peut atteindre 18 millions de livres ou 10 % du chiffre d'affaires mondial qualifiant, le montant le plus élevé étant retenu. Le Guardian évoque aussi des mesures allant de l'avertissement formel à l'amende.

Ce dossier s'ajoute à un climat déjà tendu. Ofcom enquête sur Meta depuis janvier à propos de la fourniture d'informations sur WhatsApp Business, sous une autre loi, le Communications Act. Meta conteste par ailleurs le régulateur devant la justice sur plusieurs fronts, d'après le Guardian et la BBC :

  • les frais qu'Ofcom facture aux entreprises pour couvrir ses coûts de fonctionnement ;
  • son classement dans une nouvelle catégorie de la loi, qui lui impose des obligations supplémentaires, comme la lutte contre les publicités frauduleuses payantes ;
  • l'étendue des informations exigées, un recours formé avec TikTok et X, dont les trois sociétés ont plaidé cette semaine ;
  • la possibilité de fonder les amendes sur le chiffre d'affaires mondial.

Un régulateur qui a déjà sanctionné

La première enquête d'Ofcom au titre de l'OSA, l'an dernier, visait un forum en ligne sur le suicide. Elle a été suivie d'investigations sur des sites pornographiques, des services de partage de fichiers servant à diffuser des contenus pédocriminels et des plateformes comme 4chan. Selon LBC, Ofcom a infligé plus de 7 millions de livres d'amendes à 11 fournisseurs depuis octobre 2025, dont 520 000 livres à 4chan. Aucun calendrier n'a été communiqué pour la conclusion de l'enquête sur Instants.

Sources

Ofcom Meta Instagram Online Safety Act régulation